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Collectivités territoriales · Réponse

Agent conversationnel ou vocal en mairie : ce qu'il faut vérifier avant d'en acheter un

Six questions à poser au fournisseur, la règle d'information de l'usager applicable depuis le 2 août 2026, et ce que quatre communes en ont dit. Nous n'en construisons pas : nous aidons à cadrer le besoin.

Par , co-fondateur d'IzaIA · Mis à jour le 12 octobre 2026

En bref

La réponse courte

Un agent conversationnel répond aux usagers par écrit, sur le site de la mairie. Un agent vocal, ou callbot, décroche le téléphone. L'un et l'autre répondent à partir des pages et des documents qu'on leur donne : un document périmé devient une réponse fausse, donnée avec assurance.

Avant d'en acheter un, posez six questions au fournisseur : d'où viennent les réponses et qui les tient à jour, comment l'usager sait qu'il parle à une IA, ce que deviennent ses données, où le service est hébergé, quand un agent reprend la main, et ce que coûte un départ. Depuis le 2 août 2026, l'article 50 du règlement européen sur l'IA impose au fournisseur de concevoir le système pour que l'usager sache, au plus tard au premier échange, qu'il parle à une IA.

Nous ne construisons pas d'agent qui répond seul au public, ni sur le site ni au téléphone. Nous aidons une mairie à cadrer son besoin avant d'acheter, et nous lui disons quand un agent conversationnel n'est pas la réponse.

Le périmètre

Ce qu'un agent conversationnel fait en mairie, et ce qu'il ne fait pas

Les communes qui en ont déployé un lui confient les questions simples qui reviennent. Le reste revient à un agent.

Ce qu'il peut prendreCe qui revient à un agent de la mairie
Les horaires, les pièces à fournir, les démarches en ligneUne situation personnelle qui sort du cas général
La prise de rendez-vous, quand l'outil est relié à l'agenda de la mairieUne demande qui appelle une décision de la mairie, ou une réclamation
L'orientation vers le bon service ou le bon interlocuteurUne urgence, une détresse, un signalement social
Une réponse en dehors des heures d'ouvertureTout ce qui touche à l'état civil nominatif, à l'aide sociale ou à la santé

Un outil qui évaluerait le droit d'une personne à une aide sociale serait classé à haut risque par l'annexe III du règlement européen sur l'IA, avec des obligations propres à partir du 2 décembre 2027. Un agent conversationnel d'accueil n'a pas à s'en approcher.

Les réponses écrites que préparent nos agents IA suivent un autre principe : l'agent IA rédige un brouillon, un agent municipal le relit et l'envoie. C'est le cas de l'accusé de réception d'un e-mail en mairie et de la gestion du courrier entrant.

Avant d'acheter

Six questions à poser au fournisseur avant d'acheter

Demandez une réponse écrite à chacune. Elles valent pour un agent conversationnel comme pour un agent vocal.

1. D'où viennent les réponses, et qui les tient à jour ? Demandez la liste des sources de l'outil, s'il peut répondre en dehors d'elles, et qui les met à jour une fois le service ouvert. La ville de Chelles a d'abord dû mettre à jour les pages de son site avec les services, et ajouter à la main les documents en PDF que son outil ne lisait pas : environ deux mois de travail. Demandez aussi comment vous relirez les conversations pour repérer les réponses fausses.
2. Comment l'usager sait-il qu'il parle à une IA ? L'article 50 du règlement européen l'impose depuis le 2 août 2026, sauf si c'est évident pour l'usager. L'information doit être claire, donnée au plus tard au premier échange, et conforme aux exigences d'accessibilité. Demandez à entendre ou à lire le message d'accueil. Le détail de la règle est plus bas.
3. Que deviennent les données des usagers ? Une conversation contient souvent le nom de l'usager et le détail de sa situation. Le fournisseur traite alors des données personnelles pour le compte de la mairie, et l'article 28 du RGPD exige un contrat de sous-traitance : il ne traite les données que sur instruction documentée de la mairie, et ne recrute un autre sous-traitant qu'avec son autorisation écrite préalable. Demandez si les conversations servent à entraîner un modèle, combien de temps elles sont gardées, et faites lire les réponses par votre délégué à la protection des données.
4. Où le service est-il hébergé, et quel modèle d'IA le fait fonctionner ? Le lieu d'hébergement ne suffit pas. Demandez le nom du modèle d'IA utilisé, celui de son fournisseur et la liste des sous-traitants. Un fournisseur dont la maison mère est américaine reste soumis au droit américain, même quand ses serveurs sont en Europe : c'est l'effet du CLOUD Act. Votre délégué donne son avis sur l'hébergement retenu.
5. Quand un agent humain reprend-il la main ? Demandez dans quels cas l'outil passe la main : quand il ne sait pas, quand l'usager le demande, quand le sujet est sensible. Demandez aussi ce qu'il dit en dehors des heures d'ouverture, et comment la demande parvient au service. Faites tester ce passage avant de signer, sur des questions de votre mairie.
6. Combien coûte-t-il, et que se passe-t-il si vous arrêtez ? Demandez le prix sur toute la durée du contrat : c'est cette valeur qui décide de la procédure d'achat, sans publicité ni mise en concurrence sous 60 000 € HT depuis le 1er avril 2026 (article R2122-8 du code de la commande publique). À la fin du contrat, le fournisseur supprime ou renvoie les données personnelles, au choix de la mairie (article 28 du RGPD). Demandez aussi à récupérer la base de réponses que vos agents auront écrite, dans un format que vous pourrez réutiliser.
La règle

Dire à l'usager qu'il parle à une IA : ce que demande l'article 50

L'article 50, paragraphe 1, du règlement (UE) 2024/1689 vise les systèmes d'IA destinés à interagir directement avec des personnes. Il impose au fournisseur de les concevoir pour que les personnes soient informées qu'elles interagissent avec un système d'IA, sauf si cela ressort clairement du contexte pour une personne raisonnablement bien informée. Le paragraphe 5 précise que l'information est donnée de manière claire, au plus tard lors de la première interaction.

L'obligation pèse sur le fournisseur. La mairie, qui utilise le système, a intérêt à le vérifier avant d'acheter : c'est en son nom que l'agent parle aux usagers.

Le règlement s'applique de façon générale depuis le 2 août 2026 (article 113). Le règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026, qui a modifié le texte, n'a pas reporté cette date pour le paragraphe 1. Il a seulement laissé jusqu'au 2 décembre 2026 aux fournisseurs de systèmes qui génèrent du contenu, mis sur le marché avant le 2 août 2026, pour se conformer au marquage du paragraphe 2 (article 111, paragraphe 4). Nous avons fait ce relevé le 12 octobre 2026 dans la version consolidée du règlement au 27 juillet 2026, que publie le service d'assistance de la Commission européenne.

À Plaisir comme à Chartres, l'agent vocal se présente dès le début de l'appel comme un assistant ou un agent virtuel.

Des cas publiés

Des communes qui en ont déployé un, et ce qu'elles en disent

Quatre cas rapportés par la presse territoriale ou par la Banque des Territoires. Les chiffres sont ceux que donnent la commune ou le fournisseur : nous ne les avons pas mesurés. Nous citons les fournisseurs sans en recommander aucun.

  • Plaisir (Yvelines), agent vocal au standard. Selon Localtis, le 27 mars 2023, la mairie reçoit en moyenne 500 appels par jour et n'en décrochait que 20 à 30 % avant le projet. Son agent vocal, Optimus, conçu avec la société Yelda, a été déployé par étapes jusqu'à fonctionner à plein temps à la rentrée 2022. Il prend des demandes simples comme les rendez-vous pour un passeport ou une carte d'identité et les inscriptions à la cantine. À cette date, il ne pouvait pas encore prendre de rendez-vous pendant l'appel, faute de lien avec l'agenda du portail citoyen.
  • Chartres et Chartres Métropole, agent vocal la nuit et le week-end. Selon Acteurs publics, le 11 février 2025, l'agent C'LIA, conçu avec Yelda, répond depuis le 7 février 2025 de 18 h à 9 h et le week-end, à titre d'expérimentation. Il s'appuie sur un modèle d'OpenAI et sur le contenu des sites de la ville et de l'agglomération. Les conversations sont gardées trente jours, anonymisées, pour contrôler la qualité des réponses.
  • Chelles (Seine-et-Marne), agent conversationnel sur le site. La ville l'a ouvert en juin 2024, d'abord nourri des pages de son site. Une deuxième version, entraînée avec beaucoup plus de documents, a fait plus d'erreurs que la première : la base était devenue trop grosse pour qu'on vérifie la fiabilité de chaque document. Le directeur des systèmes d'information de la ville le raconte dans la note de conjoncture 2025 de la Banque des Territoires.
  • Suresnes (Hauts-de-Seine), agent conversationnel et agent vocal. Selon Solutions Numériques, le 11 juin 2025, la ville a ouvert un centre de contact sur un numéro unique, avec un agent conversationnel et un agent vocal reliés à une base de connaissances. La même base propose des réponses aux agents d'accueil pendant leurs échanges avec les habitants. L'article présente le travail de l'intégrateur, NXO.

Le point commun aux quatre : l'outil répond bien à ce qu'on lui a appris, et quelqu'un à la mairie doit tenir cette matière à jour.

Notre position

Ce que nous faisons, et ce que nous ne faisons pas

Nous ne construisons pas d'agent qui répond seul au public, ni sur le site ni au téléphone. Une réponse donnée à un usager engage la mairie, et nous préférons qu'un agent la relise. Les agents IA que nous construisons préparent un brouillon pour un agent municipal ; nous en décrivons seize exemples, service par service.

Nous aidons en revanche une mairie à cadrer son besoin avant d'acheter : relever les questions qui reviennent à l'accueil et au téléphone, vérifier que les pages du site sont à jour, décider de ce que l'outil peut prendre et de ce qui revient à un agent. Si vous passez un marché, nous pouvons vous aider à écrire le cahier des charges, comme le décrit notre fiche sur le cahier des charges d'un marché public. Dans ce cas, nous ne répondons pas au marché.

Nous ne revendons aucun logiciel et nous ne touchons aucune commission d'éditeur. Les étapes d'un projet, de l'avis du délégué à la protection des données jusqu'au pilote, sont détaillées sur notre page mener un projet d'IA dans une collectivité.

Périmètre

Ce que cette page ne tranche pas

Trois questions dépendent de l'outil retenu et de votre collectivité.

  • Le choix d'un fournisseur. Nous citons des fournisseurs comme des faits datés, sans en recommander aucun. Les clauses de contrat varient de l'un à l'autre.
  • Si une analyse d'impact est nécessaire. Elle l'est quand le traitement est susceptible d'engendrer un risque élevé pour les personnes (article 35 du RGPD). Votre délégué à la protection des données en décide avec vous, selon ce que les usagers confient à l'outil.
  • Si l'accueil du public change au point de saisir le comité social territorial. Le comité est saisi pour avis des projets relatifs à l'organisation des services. Aucun texte ne dit si un agent vocal au standard en est un. Votre centre de gestion ou votre service juridique vous répond.
Questions

Les questions qui reviennent sur les agents conversationnels en mairie

Une mairie doit-elle dire aux usagers qu'ils parlent à une IA ?

Oui, depuis le 2 août 2026. L'article 50 du règlement européen sur l'IA impose au fournisseur de concevoir l'agent pour que l'usager le sache au plus tard au premier échange, sauf si c'est évident dans le contexte.

L'obligation pèse sur le fournisseur, mais c'est au nom de la mairie que l'agent parle. Vérifiez le message d'accueil avant d'acheter.

Un agent vocal peut-il remplacer l'accueil téléphonique de la mairie ?

Il peut prendre les questions simples qui reviennent : horaires, pièces à fournir, orientation vers le bon service. Les communes qui en ont déployé un, comme Plaisir et Chartres, le présentent comme un relais, pas comme un remplaçant.

Une situation personnelle, une réclamation ou une urgence revient à un agent. Demandez au fournisseur comment l'appel lui parvient, et faites-le tester avant de signer.

Combien coûte un agent conversationnel pour une mairie ?

Nous ne donnons pas de prix : il dépend du fournisseur, du volume d'appels ou de conversations et de la durée du contrat. En 2023, Localtis rapportait pour Plaisir un coût annoncé par le fournisseur à partir de quelques centaines d'euros par mois, selon le volume d'appels.

Ajoutez le temps des agents qui tiendront les réponses à jour. Le prix sur toute la durée du contrat décide de la procédure d'achat : sous 60 000 € HT, un marché sans publicité ni mise en concurrence est possible depuis le 1er avril 2026.

Faut-il une analyse d'impact pour un agent conversationnel de mairie ?

Cela dépend de ce que les usagers lui confient. L'analyse d'impact est obligatoire quand le traitement est susceptible d'engendrer un risque élevé pour les personnes (article 35 du RGPD).

La CNIL rappelle qu'un traitement qui remplit deux des neuf critères du comité européen de la protection des données est présumé la demander, et cite l'IA générative comme exemple d'usage innovant. Votre délégué à la protection des données tranche avec vous.

Pourquoi IzaIA ne construit-elle pas d'agent conversationnel pour les usagers ?

Parce qu'une réponse donnée à un usager engage la mairie, et que nous préférons qu'un agent la relise. Nos agents IA préparent des brouillons qu'un agent municipal vérifie avant l'envoi.

Nous aidons en revanche une mairie à cadrer son besoin avant d'acheter un agent conversationnel ou vocal, et à écrire son cahier des charges. Dans ce cas, nous ne répondons pas au marché.

Références

Sources

Mis à jour le 12 octobre 2026. Cette page aide à préparer un achat et ne remplace pas l'avis de votre service juridique ni celui de votre délégué à la protection des données.

Avant d'acheter, un rendez-vous téléphonique sans engagement suffit souvent pour savoir si un agent conversationnel répond à votre besoin. Nous vous le disons, y compris quand la réponse est non.